democratie

La démocratie participative fait de plus en plus parler d’elle. Qu’elle se développe dans la rue, sur Internet ou dans des instances officielles, le citoyen est de plus en plus régulièrement associé aux choix politiques et sociaux qui concernent son quotidien. La discussion publique devient un élément essentiel de la légitimité politique et de l’action publique.

Risques de conflits

Mais qui dit discussions, dit risques de conflits. Lorsqu’on essaye de récolter un maximum de points de vue sur un sujet, et qui plus est de trouver un point de synthèse consensuelle, on prend le risque de voir se développer des conflits entre des intérêts divergents plus ou moins bien représentés dans le résultat de la procédure.

Ainsi, toute personne s’intéressant à la participation et souhaitant organiser des expériences de terrain, se doit de réfléchir à la manière dont il va prendre en compte les oppositions. La démocratie participative est-elle une nouvelle manière pour les politiques de faire accepter leurs décisions en canalisant les oppositions ? Quelles sont les conditions pour qu’elle prenne en compte la critique sociale ? Comment faire en sorte que les plus faibles puissent s’exprimer ?

Les traditions

La tradition veut, que pour créer un cadre civique et constructif dans les débats, on évite à tout prix l’affrontement direct entre participants. Les citoyens énervés et les représentants de groupes en conflits sont alors exclus des espaces participatifs pour non-respect des « bonnes pratiques ». Pourtant le conflit fait bel et bien parti de nos réalités sociales et bien souvent le public se mobilise autour d’une cause ou d’une controverse. Les dispositifs chargés de prendre en comptes les réalités de tous ne peuvent complètement se couper de la logique de conflit sous peine de devenir artificiels et « had oc ».

Le cadre est essentiel

Le cadre donné aux discussions est essentiel : pourquoi ne pas préférer explorer ensemble des mondes communs plutôt que de chercher le consensus à n’importe quel prix ? Un des apports majeurs des lieux de participation est de permettre à l’ensemble de la population de connaître les points de vue de tous sur un problème. C’est bien souvent de cette manière que la critique sociale peut émerger et que des intérêts communs, susceptibles de porter de futures mobilisations, sont trouvés.

L’important est donc de créer les bonnes conditions pour que cette exploration soit possible. Un élément clé est l’introduction de ce qu’on appel un tiers garant. C’est une entité, obligatoirement indépendante et neutre, qui a pour mission d’accompagner les participants. Grâce à sa protection les publics fragiles peuvent progressivement se renforcer et apprendre à s’exprimer dans les débats. C’est par exemple le rôle que tient la CNDP (Commission Nationale du Débat Public) dans les débats publics en donnant la possibilité aux citoyens et aux associatifs de s’exprimer librement sur les projets d’aménagement du territoire.

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